Observatoire de la biodiversité végétale
de Nouvelle-Aquitaine

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Accueil Actualités Evaluer les impacts et accompagner la résilience de la flore et des habitats naturels touchés par les incendies

Mise en ligne le 09/08/2026

***Les incendies des secteurs du Bassin d’Arcachon, du Médoc et de Biscarosse laissent derrière eux paysages de désolation et foyers meurtris. Le Conservatoire botanique national exprime son soutien aux familles et acteurs du territoire victimes des flammes. *** 

 

Forêts, zones humides, tourbières, lagunes, dunes, prés salés... Outre les foyers et les pins cultivés, les feux de juillet 2026 ont atteint la biodiversité et des milieux naturels à forte sensibilité écologique. La connaissance fine des secteurs touchés par les incendies fait craindre des dégâts conséquents sur des espèces à enjeu de conservation majeur comme le Faux-Cresson de Thore. Le Conservatoire botanique national évaluera l’impact des feux sur la flore, la fonge et les habitats naturels lorsque les conditions d’accès seront réunies. Parce quune certaine vigilance lors des opérations menées après l’incendie pourra améliorer la résilience du vivant, léquipe travaille à une cartographie des zones à forte sensibilité écologique. Elle se tient à la disposition des services publics et des acteurs locaux pour préserver le patrimoine naturel mis à mal par les flammes et si cher au territoire.  

 

En alerte dès le début des incendies au côté de ses partenaires* malgré des conditions de travail dégradées, le Conservatoire botanique national Sud-Atlantique dispose des données et expertises nécessaires à une estimation des dégâts causés sur la flore sauvage et les milieux naturels :  

 

Les milieux naturels concernés  

 

En dehors des plantations de pin maritime, les espaces concernés comptent quelques rares boisements de feuillus mais aussi des milieux ouverts qui concentrent les principaux enjeux de biodiversité végétale. Dans le périmètre des zones incendiées, l’expertise de terrain acquise en amont des incendies fait craindre des destructions directes dans plusieurs milieux naturels à forte valeur patrimoniale : 

  • les zones humides et tourbeuses, pelouses, landes et lagunes dans les dépressions qui parsèment le plateau landais et où les écosystèmes sont tributaires du cycle de l’eau ; 
  • Les milieux tourbeux et marais dans les zones humides de la gouttière arrière-littorale girondine et sur les abords de l’étang de Biscarosse  
  • la dune grise, déjà soumise à diverses pressions dont le réchauffement climatique ; 
  • les prés-salés et les abords de la réserve naturelle d’Arès où les impacts restent à préciser. 

 

 

Les principales espèces potentiellement atteintes 

 

Dans les secteurs touchés, les données disponibles dans l’Observatoire de la biodiversité végétale de Nouvelle-Aquitaine rendent compte de la présence d’espèces végétales à enjeu de conservation dans les territoires incendiés de Saumos et de Biscarrosse. Le Conservatoire botanique national (CBN) liste 43 espèces en Gironde et 27 espèces dans les Landes, tous critères confondus (espèces protégées, sur liste rouge ou à fort enjeu de conservation). 

 

Parmi les espèces végétales impactées et à enjeu majeur de conservation en Nouvelle-Aquitaine, le Faux-Cresson de Thore  (Caropsis verticillato-inundata) est une espèce d’intérêt communautaire, protégée au niveau national. Les Landes de Gascogne abritent la quasi-totalité des populations françaises et les principales populations européennes. L’espèce se développe au sein des zones humides (lagunes, rives des étangs arrière-littoraux, et parfois les crastes et fossés). 

 

Peuvent aussi être cités : l’Elatine de Brochon (Elatine brochonii), la Bruyère de Cantabrie (Erica lusitanica subsp. cantabrica), l’Ophioglosse des Açores (Ophioglossum azoricum), l’Isoète épineux (Isoetes histrix), l’Agrostide élégante (Neoschischkinia elegans), la Canche des marais (Aristavena setacea), les Droseras (Drosera intermedia et D. rotundifolia), la Fausse-canche délicate (Airopsis tenella), la Romulée à bulbe (Romulea bulbocodium), etc. 

 

Les impacts resteront également à évaluer sur une biodiversité plus discrète et méconnue, mais non moins importante pour le fonctionnement des écosystèmes, tels que les mousses, lichens et champignons. 

 

 

Accompagner la résilience 

 

Les incendies de 2022 ont montré que la résilience des milieux dépendra de plusieurs critères comme l’intensité du feu, la vitesse de passage, les moyens de lutte déployés contre les flammesLe retour d’expérience du CBN montre en particulier que la profondeur de combustion des sols est un facteur majeur puisqu’il détermine le niveau d’atteinte des racines et de la banque de semences ainsi que des cortèges de champignons qui jouent un rôle écologique essentiel dans la reconstitution des écosystèmes. Une carte du gradient de sévérité des incendies a ainsi été dressée à partir des données satellitaires afin d’appréhender le niveau d’impact selon les secteurs. 

 

Mais la résilience est aussi dépendante des opérations menées après l’incendie qui mobilisent souvent des engins lourds.  

Ainsi, au cours des opérations à venir, le CBN attire l’attention sur les secteurs sur lesquels se concentrent les plus forts enjeux écologiques. Une première cartographie des zones à forte sensibilité écologique a été établie afin d’être mise à disposition des acteurs du territoire et sera prochainement affinée.  Le conservatoire se tient à la disposition des services publics et des acteurs locaux pour préciser la localisation des enjeux sur les zones concernées, délimiter les habitats à préserver, baliser les populations d’espèces végétales à enjeu…  
 

*l’Office français de la biodiversité, la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, l’Agence régionale de la biodiversité, l’observatoire de la faune sauvage de Nouvelle-Aquitaine, le Département de la Gironde, le Département des Landes, le Parc naturel régional du Médoc.